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 « On s'était dit rendez-vous dans dix ans » † Bloody & Morue

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STUDENT — l'élitisme est maitre mot


☆ date d'arrivée : 05/02/2016
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MessageSujet: « On s'était dit rendez-vous dans dix ans » † Bloody & Morue   Sam 19 Nov - 14:22




   

Jayden & les autres
« On s'était dit rendez-vous dans dix ans »
C
es derniers mois, j'aurais presque oublié le climat oxfordien. Presque. Parce qu'on ne passe pas neuf années à Oxford sans que les choses ne restent gravées dans notre mémoire. Ces neuf années n'avaient rien eu de facile au départ, mais elles avaient changé tellement de choses qu'elles resteraient peut-être toujours les plus importantes de ma vie. Oxford, ça a été mon lieu de fuite après que cette vie m'ait fait si mal. Je suis arrivé en portant serré contre mon cœur un deuil étouffant, paralysant. J'avais laissé tomber la musique, piétiné mes espoirs et mes possibilités. J'étais leader d'un groupe prêt à cartonner et … J'avais juste tourné les talons. Pour certains parce que la peur de la célébrité m'avait pris à la gorge, mais en vérité parce que tous mes plans avaient été construits autour de cette fille-là. Cette fille qui avait fini par mourir d'un coup du sort, juste avant un concert. Ça aurait du être moi, vraiment, et malgré tout, je me le disais encore bien souvent. J'avais fini par accepter et recommencer à avancer, depuis le temps. Mais ça restait dans un coin de ma tête, et si un jour on me demandait quel était mon plus grand regret, ça serait toujours qu'elle soit morte et que je sois resté. C'était un fantôme dont je ne me défaisais pas, mais c'était ainsi. Ce n'était pas un secret, pas un tabou. Et c'était peut-être parce que cette écorchure était si visible et parce que j'annonçais clairement que jamais personne ne la remplacerait que j'étais, plus de dix ans après son décès, toujours plutôt célibataire. En fait, l'engagement très durable, ce n'était plus vraiment pour moi, jusqu'à ce que je trouve la bonne. Je m'étais essayé à quelques romances dernièrement, et paraissait-il que ça m'allait très bien. Pas de mauvaises relations après rupture, rien que de la confiance et un peu de tendresse. Le rockeur un peu trop idéaliste, si vous préférez.

Oxford, c'était le lieu où j'avais bouclé mes quatre années de langues modernes et repris mes études de musique. J'étais reparti de là avec une thèse en musique moderne et une collection de chansons à présenter. Ça n'avait pas été facile de recommencer à toucher à une guitare, mais en somme, je l'avais fait. Toutes les personnes dont j'avais croisé la route et qui m'y avaient poussé avaient bien fait, et je les avais remercié mille fois déjà depuis. La musique était mon deuxième souffle, et ce n'était qu'en affrontant les notes que j'avais réussi à aller de l'avant réellement. J'avais rappelé les mecs de Young Fools, j'avais recommencé à composer pour eux. Bien sûr, je ne comptais pas évincer leur nouveau chanteur ; de toute façon je ne me sentais pas vraiment de remonter sur scène jusqu'à il y a quelques mois à peine. Avant d'être diplômé, tout ce que j'avais fait, c'était bosser, histoire de sortir major de promotion de là. Et c'était vraiment quelque chose de bien pour moi. Pendant toutes ces années, j'avais oscillé entre travail assidu et excès. J'avais tenté tous les excès de cette ville, parfois à mes dépens, et certaines choses ne me rendaient pas forcément fier mais … Ce n'était pas mal, au final. J'avais fait ma vie, rencontré des personnes importantes pour moi, aimé et grandi. Oxford restait particulière pour moi, et dix ans après mon arrivée, en reposant les pieds à l'université, je ressentais tout ça avec une intensité déboussolante.

La dernière année, je l'avais passée à Sydney. Le retour à ma ville natale avait été difficile. Reprendre mes marques n'était vraiment pas chose aisée. Seulement, ça avait fini par aller. J'avais pu retourner sur ces endroits qui avaient tant été pour moi sans me sentir étouffé. J'avais loué une maison dans le quartier de mon enfance, à deux pas de chez mes parents, de là où j'avais grandi. Et là, dans mon nouveau chez moi, je m'étais enfermé pendant des semaines, avec ma musique pour seule compagnie. J'avais créé de A à Z mon nouvel album en solo. Quinze titres de mon univers rock, aux rythmes entêtants et aux accords écorchés. Ça convenait mieux que jamais à ma voix qui s'était éraillée avec les années mais qui n'avait rien perdu de son grain. Et mes textes parlaient de la vie en général. C'était parfois difficile à traiter avec justesse, mais en ressortant de chez moi, les cheveux trop longs, trop sauvages, quelques kilos en moins à cause de la pression que je m'étais mis, j'étais fier de ce que j'avais à proposer. Alors j'avais cherché une maison de disque pour assurer un avenir à un album personnel et qui me touchait au cœur. Et j'avais fini par trouver. Était alors venu le temps d'entrer en studio, et mon perfectionnisme avait failli me pousser à tout envoyer en l'air. Il y avait toujours quelque chose pour me déplaire, peu importait la qualité des musiciens dont je m'étais entouré pour mettre en boîte l'album. La seule chanson qui m'avait tout de suite plu était Make a wish, qui s'était transformée sur une idée d'une personne de confiance en un splendide piano-voix en toute délicatesse. Cette chanson hommage n'aurait pas pu être plus élégante et juste que sous cette forme, et j'avais à cœur de la rendre plus que parfaite.

L'album monté, il n'y avait plus que la promotion à faire. Et pour cela, nous avions fait un tour en Europe en grande pompe. L'Europe, c'était mon idée, clairement. La maison d'édition m'aurait plus volontiers envoyé aux USA pour exporter ma musique, mais ça n'était pas ce que je voulais. L'accueil européen, lui … Il avait été à la hauteur de mes attentes. Pour la promotion, j'avais fait entendre ma voix lors de festivals ou de passages télévisés, après un premier titre cartonnant sur les ondes radios. Alors il n'y avait plus qu'à annoncer les dates d'une tournée. L'Europe et l'Australie m'appelaient à la scène, et pour répondre à cette demande, j'avais choisi mes dates avec attention. La première date serait oxfordienne. L'O2 Academy pour premier arrêt, c'était un moyen de démarrer gentiment. Puis Londres, Cambridge, Manchester, Liverpool, l'Irlande, quelques dates en France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Pologne, au Danemark aussi, avant de rentrer en Australie pour deux soirées à Sydney. Le pour-parler pour les Etats-Unis était en cours, tout comme peut-être le Japon. La liste n'était pas exhaustive, et mes plans n'étaient pas figés. J'avais assez de temps entre deux pour rajouter d'autres dates aux mêmes endroits. Vu le bon accueil de mon album Two seconds, il y avait fort à parier que la tournée allait s'éterniser. Ça ne me déplairait pas forcément.

Pour la première date, cela dit, je ne m'entourais pas de mon habituelle équipe de musiciens. Oxford avait bien son lot de talents et j'en avais entendu certains à l'œuvre. Et puis, bizarrement, les dernières années que j'y avais passé avaient créé d'étonnantes affinités. En retournant dans ma cité d'étudiant, je renouais aussi avec des amis perdus de vue depuis une année qui s'avérait beaucoup trop longue. Une certaine personne était partie bien avant moi et depuis, nous ne nous étions plus croisés. Alors, en posant les pieds à Oxford, je m'étais senti un peu plus complet. Le taxi m'avait déposé en plein centre ville et, alors que les affaires dont j'aurais besoin pour le concert cheminaient sans moi jusque la salle, je m'étais rendu à pied jusque l'université, affrontant sans ciller le vent et le crachin, serré dans ma veste en cuir et mon slim noir, la capuche grise sombre de mon sweat relevée sur la tête pour protéger mes épaisses boucles sombres de l'humidité ambiante. J'avais vite retrouvé mon chemin, parcourant un samedi après-midi les ruelles de la ville, repassant devant ma collocation d'étudiant et l'appartement de Ruby et Savannah à l'époque où elles vivaient à deux. Un léger rire m'échappa à cette pensée. Ruby nous avait presque tous surpris en s'installant plus tard dans un manoir qui ne lui correspondait pas plus qu'il ne correspondait à son propriétaire mais … Tout le monde s'y était fait, à force. Un couple un peu éclectique de prime abord, mais qui fonctionnait bien. Avant ce déménagement … Nous avions eu de sacrées parties de rire, dans ce logement.

J'étais finalement arrivé à l'université, et le campus fourmillait quand même d'activité. Certaines formations étaient en cours le samedi après-midi, et ça me permettait de me fondre dans la masse des étudiants avec ma démarche nonchalante et ma tenue de jeune premier. Pourtant mes vingts ans étaient loin, maintenant que la trentaine avait frappé à ma porte. C'était assez bizarre à se dire. Le temps avait filé à une vitesse folle … Mais ici rien n'avait changé et, en passant devant l'amphithéâtre de musique, j'entendis par la porte ouverte l'orateur. Je finis par appuyer mon épaule dans l'encadrement de porte, avec tout ce que j'avais de naturel, pour entendre ce que l'homme avait à dire sur le mouvement romantique en musique. Avec les tatouages qui dépassaient des manches de sa chemise et de son col ouvert, on l'imaginait plus rock que classique, mais depuis des années, il était professeur dans cette université et connaissait son sujet. Et ma présence, même s'il la remarqua, ne perturba pas le cours de son exposé. Il devait bien se douter qu'on se verrait ici avant que la soirée ne commence. Encore quelques instants et il clôturait son cours, invitant les élèves à poser leurs questions ou à quitter la salle. Alors, précédant le flot qui se jetterait hors de la pièce, j'entrais en ébouriffant mes boucles noires tout en me tournant vers l'intervenant qui répondait à quelques questions. Sa toute nouvelle passion pour la musique classique était assez drôle à voir, et à observer le sourire qu'il avait dès que son regard glissait sur moi, il savait que je n'hésiterais pas à m'en servir contre lui.

Une fois les élèves partis, je commençais silencieusement à marcher dans la salle, observant le professeur avec un amusement certain. Oxford m'avait manqué, et le voir là, derrière son pupitre avec ses airs d'endimanché, ça m'amusait énormément. L'échange de quelques nouvelles fut un moment de détente, avant de parler sérieusement. Il serait du concert, et je voulais être sûr qu'il serait aux balances. Mon temps était compté avant de monter sur scène et j'avais encore un million de choses à faire, mais ce moment de calme m'était nécessaire. Nous nous retrouverions deux heures plus tard pour mettre la musique au clair pour le soir, puis j'irais en radio pour une interview. Et tout allait s'enchaîner très vite. Une fois certain que la journée était bien organisée sans maldonne, je quittais la salle, quittais l'université, et me rendis dans un bar où j'avais pris mes habitudes pour y boire une bière tout en écoutant le monde autour de moi, simplement. J'en profitais pour envoyer quelques messages, professionnels mais aussi personnels, et mon temps libre finit bien trop vite. Je regagnais finalement la salle de concert pour un dernier briefing durant lequel je ne pus m'empêcher d'observer le temps passer. Un repas pris sur le pouce et je prenais place sur scène pour balancer quelques titres, assez rapidement. Les musiciens travaillaient bien, et la présence en arrière-plan, derrière sa batterie, d'une personne de confiance me rassurait. Pour la première, j'avais la boule au ventre comme jamais, et c'était bien parce qu'il y avait du monde pour me soutenir que je ne tournais pas les talons, paralysé par la peur. Non, ils me poussaient en avant et ça ne pouvait qu'être parfait. Puis, les balances terminées, après avoir remercié l'équipe qui travaillait derrière nous et qui avait fait du bon travail, rappelé à tout le monde l'heure du rendez-vous le soir-même, j'avais filé en taxi pour une émission de radio lors de laquelle pas mal de questions avaient été posées, des inspirations pour mon album en passant par le choix d'Oxford pour ouvrir le bal ou encore ma scolarité dans l'université emblématique. J'avais clôturé mon passage à l'antenne par un live acoustique de Mirrors, mon prochain single à sortir. Puis j'avais rejoint les coulisses pour me poser enfin un peu.

L'heure approchait à grand pas, mais il y avait encore une voix que j'avais envie d'entendre avant d'être capable de monter sur scène, et j'avais finalement téléphoné à cette personne, passant du temps avec elle, au bout du fil, à rire des années que nous avions passé dans cet amphi de langues avec mes retards habituels et ma démarche nonchalante qui avait agacé plus d'un professeur. Des quelques gadins que j'avais pris en traversant et que je ferais mieux de ne pas réitérer sur scène. Des pays qu'elle avait visité et de nos vies actuelles. On était régulièrement en contact, je lui téléphonais souvent et on avait parlé de tout un millier de fois déjà, mais elle savait rien qu'à entendre ma voix que j'étais plus que nerveux à l'idée de remonter sur scène ce soir, et elle était surtout la seule qui était capable de m'apporter un peu de calme. Elle était ma personne de confiance depuis des années déjà, l'une de celles qui avait réussi à débloquer le mécanisme en moi pour me faire avancer de nouveau. La première à Oxford à dénouer ma langue et à me faire parler de tout ce que j'avais sur le cœur, dans la mémoire. Avant de monter sur scène, j'avais juste besoin de l'entendre me rassurer un peu et me jurer une fois de plus qu'elle serait là, dans la salle, grâce aux invitations que j'avais fait parvenir. Nous aurions tout le reste de la nuit pour être ensemble. Elle avait apaisé quelque chose en moi, et j'avais finalement pu me concentrer pour attaquer au mieux cette soirée.

Quand l'heure de monter sur scène vint, j'étais fin prêt. Je vérifiais le retour son de mes oreillettes et je checkais une dernière fois avec mon batteur. Il avait l'air rudement serein pour un mec qui n'était plus monté sur scène depuis des années. Mais il était doué et il était travailleur, ça ne m'inquiétait pas le moins du monde. Non, ce qui m'inquiétait, c'était moi. Mais quand le compte à rebours atteignit le zéro, j'entrais sur scène et pris une grande claque d'énergie dans la gueule qui me mit sous adrénaline pour l'intégralité du concert. Ce truc que je ressentais, je ne l'avais pas ressenti depuis des années mais il me renforçait, et il me poussa à m'arracher lors du concert, à donner le meilleur de moi, à partager tout ce que j'avais à partager avec un public à la hauteur de ce qu'on espérait pour le début de cette tournée. Oxford fut un triomphe qui me galvanisa, et c'est ému et fier que je terminais ce concert après un véritable moment de partage et d'échange. La salle avait chauffé et j'avais pris des émotions et des sensations qui resteraient gravées jusqu'à la fin de ma vie. Cette ville et moi, c'était vraiment quelque chose de magique. Et en coulisse, l'ambiance aussi était à la fête. L'équipe technique courait en tous sens pour les revues de presse et les nouvelles en Australie à propos des ressentis, et pour ma part je remerciais les équipes du son et lumière mais aussi les musiciens pour cette véritable partie de plaisir qu'ils m'avaient offert. Un moment de débriefing plus tard et je filais me changer pour accorder quelques minutes de mon temps aux personnes restées pour des photos ou signer des autographes. Ce laps de temps permettrait à mes invitées d'arriver jusqu'en coulisse où je pourrais les rejoindre et profiter d'une soirée. L'énergie qui s'échangeait encore à Oxford me redonnait la folie de mes vingt ans, et en retournant en coulisses, j'étais prêt à sauter dans tous les sens. Je me retins pourtant, mes invitées étant arrivées.

En fait, on faisait une drôle de petite équipe, après tout ce temps. Alexandre, qui m'avait accompagné toute la soirée à la batterie, avec sa fille de cinq ans, Cali, dans les bras. À ses côtés, la pétillante et folle Ruby. Le couple avait tout eu pour étonner, mais ça faisait désormais prêt de huit ans qu'ils étaient ensemble, et maintenant ça n'était plus que normal. Ils formaient une jolie petite famille contrastée et pourtant ils ne faisaient que nager dans le bonheur. On n'aurait pas pu leur souhaiter mieux. Et il y avait aussi l'inséparable d'Alex, Anaëlle. Elle avait vite intégré cette drôle d'équipe que nous formions et elle faisait partie de ces filles qu'on ne peut qu'adorer, au final. Et pour clôturer l'appel il y avait bien entendu Savannah. Sav', la première personne que j'avais côtoyée à Oxford, mais aussi aujourd'hui ma confidente et ma personne de confiance. Il y avait plus d'un an que je ne l'avais plus vue, puisque nos chemins avaient pris des directions très différentes, mais ça ne nous avait pas empêché d'être en contact. C'était elle qui m'avait poussé à utiliser le piano-voix. C'était elle qui m'avait assez rassuré pour que je monte sur scène ce soir. Avant ça c'était elle qui m'avait fait parler de ma vie, de ma douleur, qui m'avait suffisamment mis de coups de pied au cul pour que je me relève pour de bon. J'étais fin heureux de la retrouver, et mon sourire en disait très long. Seulement, maintenant, elle ne pourrait plus le voir. Ça, c'était la vie qui suivait son cours. Après avoir marqué une seconde de pause en les voyant tous réunis là, j'avais finalement repris ma marche, les mains dans les poches, approchant du groupe. Je n'avais qu'une seule question à leur poser.

« Alors, ça va, je ne suis pas trop mauvais ? »

Je passais finalement les bras autour de la taille de la rouquine, l'attirant vers moi avant de poser un baiser sur sa joue. Puis je m'écartais d'elle et Ruby – dans toute sa splendeur – me sauta pratiquement au cou. En rigolant, je la serrais contre moi un temps, avant d'aller embrasser Ana et de finalement chatouiller un peu Cali. Ces retrouvailles dans la joie et la bonne humeur, c'était l'exacte raison pour laquelle j'avais choisi de passer par Oxford avant toute chose. Un poids quitta ma poitrine avec un sourire. Tout était parfait. Ma vie était parfaite. J'étais à ma place et j'étais heureux, vraiment, pour la première fois depuis longtemps. Je pris la main de Savannah pour la passer à mon bras, c'était quelque chose de très habituel depuis le temps et, posant mon regard tour à tour sur chaque personne présente, je proposais avec bonne humeur :

« On va manger quelque part ? À l'ancienne ? »

Il y avait des habitudes que je ne voulais surtout pas voir changer, et principalement celle de se retrouver tous ensemble, avec toute cette légèreté qui me redonnait vie.


           
(c) fiche:WILD BIRD, textures by Dayanna & icons:tumblr

         



Shooting star in my sky
Il est difficile de dire adieu lorsque l'on veut rester, compliqué de rire lorsqu'on veut pleurer, mais le plus terrible est d'oublier lorsque l'on veut aimer.
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MessageSujet: Re: « On s'était dit rendez-vous dans dix ans » † Bloody & Morue   Jeu 8 Déc - 21:20



Savannah & Cie
On s'était dit rendez-vous dans dix ans
Cela faisait maintenant quelques mois que Savannah était revenue en Angleterre. Elle était restée plus de deux ans en Afrique du Sud, travaillant comme interprète. Elle y avait vécu de très belles années, peut être pas les plus belles de sa vie, mais les gens étaient géniaux et malgré son handicap, elle avait pu s'intégrer à son équipe sans aucun problème. Pendant ces deux ans elle avait rencontré tout un tas de personnes et elle avait appris énormément, presque autant que lorsqu'elle était partie en Inde, aux Etats-Unis ou au Canada. Les meilleurs moment avaient peut être eu lieu pendant l'un de ses stages qu'elle avait décidé de réaliser en Australie. Il fallait dire que cela lui avait permis de découvrir le pays de Jayden et puis elle y voyait encore à peu près clair à cette époque et tout ce qu'elle avait vu l'avait enchanté. Les choses avaient été différentes par la suite.

Une fois les études finies, Savannah entra dans une agence d'interprète, c'était bien la seule chose qu'elle pouvait faire avec sa vision déclinante et puis il était hors de question qu'elle ne reste sans rien faire, surtout avec un diplôme en poche. La première année avait été longue et maussade et le travail pas spécialement des plus plaisant, la demoiselle avait donc quitté son pays natal pour découvrir les Etats-Unis. Les choses étaient tout à fait différentes de ce qu'elle avait connu, les villes étaient impressionnantes et les gens pas toujours des plus accueillant. Malgré tout, elle y passa un an et demi avant de rentrer sur Londres. Elle n'avait pas vraiment choisi de rentrer au pays, mais sa maladie s'était aggravée à tel point qu'elle ne voyait plus rien et qu'elle devait voir ses médecins. Bien entendu, ça n'avait pas été soudain comme déclin, mais Sav' n'avait jamais pensé que cela irait aussi vite et qu'elle deviendrait aveugle avant 30 ans. Cela lui avait totalement descendu le moral, pourtant elle n'avait jamais été du genre défaitiste et à se plaindre de quoi que ce soit, mais là c'était un réel coup dur. Savannah passa quelques mois à Londres avant de reprendre la route pour voir du pays et ses vacances en Inde l'amenèrent à travailler là bas pendant quelques mois avant de finir au Canada parce qu'elle avait suivi un homme.

Ce n'était pas spécialement dans sa nature de faire ça, mais celui ci était charmant, il avait de l'humour et elle se sentait à l'aise avec lui, elle n'avait pas à prendre de pincettes. La rousse arriva donc au Canada et elle améliora son français comme jamais, elle put très vite travailler dans une boîte privée qui payait plutôt bien. La vie était belle, les choses n'étaient plus si sombres et même si elle regrettait le fait qu'elle ne verrait jamais la tête de l'homme dont elle était tombée amoureuse, elle était heureuse et épanoui. Enfin cela dura un peu moins d'un an... Les choses changèrent le jour ou elle comprit sans aucune aide que l'homme de sa vie la trompait régulièrement avec sa secrétaire. Ni une ni deux, Sav' avait fait ses valises et avait pris un billet d'avion... pour l'Afrique du Sud. C'était sur un coup de tête, elle n'avait aucune envie de rentrer au pays, elle avait même plutôt envie de changer de décor, d'horizon. C'est ainsi qu'elle arriva sur la côte africaine et qu'elle démarcha plusieurs entreprises pour être embauchée.

Plus de deux ans après son arrivée en Afrique, elle se décida à rentrer enfin, le mal du pays peut être, et elle postula un peu partout avant même d'avoir touché le sol anglais. La meilleure offre qu'elle reçut vint du gouvernement anglais et l'occasion était bine trop belle pour se permettre de refuser. Savannah était donc rentrée en Europe, elle avait retrouvé son Londres natal et avait commencé un travail des plus passionnants. Elle ne savait pas que les jeux politiques pouvaient être aussi poussés, bien sur elle ne pouvait pas dire un mot à qui que ce soit, mais cela ne la gênait pas, au moins elle savait un peu quel genre de gouvernement était à la tête du pays et quel pays avait plus ou moins les mêmes visions.

Ces quelques mois au sein du gouvernement la changèrent, elle se sentait de nouveau épanouie et bien dans sa peau. Bien sur le soleil de l'Afrique du Sud lui manquait beaucoup, comme la neige du Canada ou les odeurs des marchés indiens, mais Londres avait son charme et puis Sav' y avait retrouvé ses amis de fac et de bien avant. Des fois elle se disait que même si la vie n'avait pas toujours été tendre avec elle et lui avait offert un sacré cadeau avec sa maladie, tout ce qu'elle pouvait vivre était magique et elle avait eu la chance de réaliser ses rêves en partant vivre à l'étranger, ne s'arrêtant pas au fait qu'elle soit aveugle ou qu'elle ne connaissait pas les différents systèmes de chaque pays. Elle avait surement plus voyagé que la plupart des gens, elle avait découvert des cultures, des façons de vivre totalement différentes. Et même si elle n'avait pas vu grand chose de ses voyages, elle en revenait toujours pleine de souvenirs en tête.

Maintenant que les trente ans l'avaient gentiment rattrapée, elle se sentait plus le besoin de se poser, de rester dans un endroit qu'elle appréciait et de commencer à penser à créer quelque chose d'un peu plus permanent. Savannah avait vu ses amis faire des rencontres, s'aimer et se détester, aimer de nouveau et puis créer une famille. Jusqu'à présent cela ne l'attirait pas vraiment, les enfants ce n'était pas vraiment son truc et puis elle avait plein de chose à découvrir encore. Sauf qu'à présent elle se sentait assez prête pour s'engager dans quelque chose de sérieux. Enfin si on voulait bien d'elle pour quoi que ce soit.


© wild bird
   
   
   



I had a dream.
On m'a dit que j'étais folle, oui folle de vivre au jour le jour pleins de joie alors que la mort nous guette. Moi je leur ai répondu qu'ils étaient fous de ne pas profiter de la vie.
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